Pudding médiéval aux fruits secs

Le Moyen-Âge ADORE les épices. En Europe, il s’agit de l’époque la plus gourmande en épices, dépassant notre petit intérêt contemporain pour le curry et le chaï latte… Dès le 13e siècle, le stock d’épices se fixe en Europe. Pendant trois ou quatre siècles, elles seront alors partout, tout le temps. Les mets des pauvres gens étaient (au mieux) poivrés, alors que ceux des cours explosaient de saveurs – gingembre, graines du paradis, macis, safran, cannelle ! Il s’agit tout de même de montrer qui l’on est – des gens riches et distingués.

Si se vanter de son statut social avec des épices n’est plus vraiment pertinent aujourd’hui, la recette que Visitons! vous propose a le plus grand avantage encore de vous permettre d’utiliser ce vieux bout de pain qui sèche dans le fond de la huche à pain depuis le début de la semaine. Quelques fruits secs, une dose de safran, des oeufs, du lait et hop ! vous ravirez vos papilles et celles de vos amis.


Temps de préparation : 15 minutes

Temps de cuisson : 50 minutes

Pour 6 personnes


Ingrédients

  • 100g de raisins secs
  • 100g de figues sèches
  • 200 g de brioche
  • 20 cl de lait
  • 1 dose de safran
  • 3 oeufs

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Préparation

  • Faire tremper les raisins secs et les figues séchées dans de l’eau chaude au moins 15 minutes.
  • Emietter la brioche dans un saladier.
  • Faire bouillir le lait avec le safran.
  • Hors du feu, incorporer les oeufs.
  • Verser l’appareil sur la brioche.
  • Couper les figues en rondelles
  • Incorporer la moitié des figues et des raisins.
  • Beurrer le moule.
  • Disposer au fond du moule le reste des raisins et les figues.
  • Verser le mélange brioche-oeufs dans le moule
  • Faire cuire à 180° environ 15 minutes si vous optez pour des portions individuelles. Laisser cuire 45 minutes si vous décidez de faire un gâteau.
  • Laisser reposer 10 minutes avant de démouler

Du thé ? Avec sucre !

Sucrer son thé avec de la framboise et se prendre pour une grande reine. Voilà ce que vous propose Visitons! cette semaine. Si vous n’êtes pas très à l’aise avec le crossplaying, nous vous autorisons à vous imaginer en laquais, salivant devant le sucre de vos maîtres et maîtresses. Autant dire que vous avez tout intérêt à jouer à la reine.

Reprenons. 1662. Vous êtes promise à Charles II, roi d’Angleterre et vous emportez notamment avec vous comme dot un coffret empli d’un thé précieux (et la propriété des îles de Bombay, mais ça, c’est plus difficile à goûter et à sucrer, donc moins intéressant). Princesse de Portugal, vous avez grandi dans les trésors rapportés des Indes orientales, vous avez été bercée par les arômes de thé dès votre plus jeune âge… Le royaume de votre famille est au sommet de sa puissance navale et commerciale.

Rendu indépendant depuis peu (1640), le Portugal a cependant besoin de renforcer ses positions et d’avoir des alliés solides pour défendre vos comptoirs commerciaux. Votre famille essaie de vous placer auprès de tous les princes d’Europe – mêmes les bâtards!- et finit par choisir l’Angleterre.

Votre mariage ne sera pas heureux. Il l’était rarement pour les gens de votre condition et de votre temps. La question ne se posait pas par ailleurs. Votre venue rendit le Portugal à la mode pendant quelques temps. It-girl, vous l’avez peut-être été au tout début, mais votre différence de religion rendit votre vie difficile… Le thé devint LA boisson de l’aristocratie. Pour l’accompagner, un sucre joyeux vous faisait peut-être oublier vos peines.

Pour égayer les dimanches nuageux, oubliez un peu les contraintes de votre rang et mettez vous aux fourneaux. Vous avez besoin de :

  • Framboises – 150 grammes suffisent
  • Sucre
  • De temps : comptez 25 minutes de préparation, mais plusieurs jours de séchage (1 à 4, selon l’humidité ambiante)

 

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  1. Disposez vos framboises sur une plaque recouverte de papier sulfurisé
  2. Enfournez, à four froid, pendant 15 minutes en fixant la température à 110 °C
  3. Extrayez le jus des framboises en les passant au chinois
  4. Dans un autre bol, versez un peu de sucre, puis ajoutez un peu du jus de framboise. La préparation doit au final former une pâte bien granuleuse, sans pour autant être liquide et avoir dissout le sucre
  5. Versez la préparation sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et laissez sécher, tout en allant touiller de temps en temps pour éviter les gros morceaux de sucre
  6. Dégustez votre thé, sucré à la framboise et prenez un air distingué et délicat

Si vous voulez goûter la sucre à la framboise sans renier votre condition sociale, nous vous attendons les 10 et 24 juin à la Boîte à thé de Nyon. Plus d’informations et inscriptions par .

 

Les macarons du Petit Conseil

Nouvel an 1719. Le Petit Conseil genevois a passé une commande modeste au traiteur Roman : des truites, des langues de boeuf et de mouton, des biscuits et des macarons. Le repas n’est pas fastueux, mais les mets sont tout de même choisis avec soin.

Les vingt-cinq membres du Petit Conseil, à la fois organe exécutif de la République de Genève, autorité administrative et instance judiciaire, sont tous issus de grandes familles patriciennes et influentes… Ce ne sont vraiment pas des clients à se mettre à dos.

Le choix du dessert n’est donc pas anodin : les petits biscuits ronds siègeront sur la table du Petit Conseil, comme ils ont siégé sur celle des plus grandes fêtes, réceptions ecclésiastiques d’antan ou grands mariages princiers.

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Croustillants à l’extérieurs et mous à l’intérieurs, les macarons c’est trop bon ! Veillez cependant à ne pas les laisser trop longtemps dans le four.


Temps : 20 minutes de préparation + 10 minutes de cuisson
Pour 20 pièces

Ingrédients

  • 3 blancs d’oeufs
  • 300 g de sucre
  • 300 g d’amandes moulues

Préparation

Préchauffer le four à 180°C

  1. Dans un saladier, monter 5 blancs d’oeufs en neige. Dès que les blancs d’oeufs commencent à prendre, verser petit à petit le sucre.
  2. Une fois l’appareil à meringue bien lisse, chauffer un peu d’eau dans une petite casserole et installer le saladier au dessus pour faire un bain-marie.
  3. Ajouter les amandes moulues par étapes et mélanger doucement jusqu’à ce que l’appareil se détache du saladier. Laisser refroidir le saladier, enlevé de la casserole.
  4. Sur une plaque, disposer un papier sulfurisé. Former avec une cuillère des boules de pâte d’environ 3 cm de diamètre et poser les sur la plaque espacé d’environ 2 cm.
  5. Dans le four préchauffé, installer la plaque à mi hauteur et faire cuire 10 minutes. Au sortir du four, les biscuits sont encore mous mais sécheront en refroidissant.

La recette, dans le texte

« Battez bien 5 blancs d’oeufs, mêlez y 1 l. d’amandes pelées et pilées fines, faites la pate dans un plat d’étain que vous mettez sur des braises en remuant toujours jusqu’à ce qu’elle soit détachée du plat; quand elle est froide, mettez la sur du papier par cuillerée et cuisez les après le pain On peut les mouler dans le sucre quand on veut qu’ils ressemblent à des massepains.

  • 1 livre de sucre
  • 1 livre d’amandes »

Recette tirée de : Santschi C., Roth B., Genequand J.-E., Vouilloz D., Genève entre restrictions et bombances : autour de l’histoire de l’alimentation du Moyen Âge à nos jours : une exposition des Archives d’Etat de Genève, brochure d’exposition, Genève : Archives d’Etat, 1990.