La terrasse de Charles Victor

La Grand-Rue de Nyon n’est pas la rue la plus animée de la ville. Des Nyonnais pressés la traversent, s’y arrêtent peut-être davantage le samedi, quand des étals de légumes viennent l’animer. En réalité, la rue est dangereuse. Faites l’expérience : vous marchez tranquillement sur le trottoir, depuis Perdtemps en direction de la tour de l’horloge, et à la hauteur de la terrasse de Bonstetten, vous tournez la tête à gauche. Le lac vous appelle. Vous êtes perdus.

nyon_terrasse_bonstetten

Par tous les temps, de toutes les saisons, le lac joue à la sirène ensorcelante et la terrasse de Bonstetten sert de bateau, de plongeoir vers l’étendue bleue.

Le dernier bailli de Nyon, Charles Victor de Bonstetten, écrit dans ses mémoires :

L’antique château de Nyon, avec ses vieilles tours qui de tous les côtés regardent la plus brillante nature, semblait le douzième siècle venu pour contempler le dix-huitième

Sa maison était plutôt bien située. Et puis, la vue est franchement pas moche. Avec sa réputation de « meilleurs des baillis », Charles Victor de Bonstetten fut le dernier à tenir ce rôle, la Révolution venant tout chambouler. L’homme des Lumières, le défenseur de la liberté de la presse, luttant contre la politique du secret, reste encore un peu à Nyon, en donnant son nom à l’une des plus belles terrasses de la ville.

Le sentier des châtaignes, entre Luins et Vinzel

Il fait beau et c’est jour férié dans le canton. Une occasion rêvée pour faire la grasse matinée, pensez-vous ? Pas du tout ! Dans l’équipe de Visitons! il y a toujours au moins une envoyée spéciale prête à vous faire découvrir le pays. Et aujourd’hui, je m’y colle, avec beaucoup d’énergie.

Objectif : découvrir le sentier de châtaignes, signalé sur le site Naturando, et que je n’ai jamais emprunté, bien qu’habitant tout près.

Le sentier, créé en 1998, consiste en une boucle de 6 km qui relie les villages de Luins, Vinzel et Bursins.  Naturando m’indique qu’il faut suivre les routes montantes depuis le centre des trois villages, ça a l’air facile à trouver, je ne m’encombre donc pas d’une carte.

Je décide de démarrer la promenade depuis le centre de Vinzel, chaussures de marche aux pieds, et chien joyeux en laisse.

Première constatation : ça monte. Vraiment. Beaucoup. Ceci dit, le village est très joli,  avec ses maisons anciennes qui semblent s’accrocher pour ne pas glisser vers le lac.

Vinzel

Rue du Collège, Vinzel

Je monte toujours et décide de poursuivre en direction de Luins : je vois la petite église au loin, et comme toute membre de Visitons! qui se respecte, je ne résiste pas à un monument qui a l’air d’avoir une histoire…

L’église de Luins est modeste mais charmante. Un panneau m’apprend que le bâtiment a été presque totalement reconstruit au 17ème siècle, sauf le clocher-porche. Perchée sur les hauts de Luins, l’église donne du caractère au petit village, et de nombreux couples choisissent de s’y marier.

EgliseLuins

Eglise de Luins

Tout cela est très joli, mais je n’ai pas encore trouvé le sentier des châtaignes. Je vois passer quelques randonneurs un peu plus haut, j’entreprends de les suivre, et je reprends la montée. Effectivement, en bordure de forêt, une pancarte indique le fameux sentier. Et puis… Je décide de remettre ça à une prochaine fois. Oh, rien à voir avec mes compétences de marcheuse ;o) mais il fait chaud et le chien a l’air d’avoir soif.

Chien

En conclusion : a priori, il est préférable de démarrer la randonnée derrière l’église de Luins. Si on part d’un des trois villages, il peut être utile de se munir d’un chien bâtard qui se prend pour un chien de traîneau et qui vous aidera à grimper.

Ceci dit, bien que je n’aie pas exactement suivi le sentier des châtaignes, la découverte des petites rues de Vinzel était vraiment sympathique, de même que la promenade dans les vignes avec une vue somptueuse sur le Léman.

VueChataignes

Et pour les allergiques à la marche, n’oublions pas qu’il y a d’excellentes caves dans toute la région…

Votre marcheuse dévouée,

Nathalie

Entre La Rippe et Tranchepied

Cette semaine, Visitons ! vous propose d’utiliser votre GPS… Et oui, ce n’est pas parce que nous adorons l’histoire que nous ne savons pas utiliser d’outils modernes, et, avouons-le, notre suggestion se situe un peu au milieu de nulle part.

Choisissez une journée ensoleillée, entrez les points suivants : Latitude 46.3892 / Longitude : 6.1549, et faites-nous confiance.

Vous voici sur le chemin du Vivier, entre La Rippe et Tranchepied. La vue est dégagée, vous apercevez la Dôle au sommet de la montagne, le lac de l’autre côté. Vous vous garez près de ce qui vous semble être une petite forêt.

Arrêtez-vous près du banc, côté Jura, et suivez le petit chemin de terre : vous êtes au bord d’un minuscule étang que vous n’auriez pas deviné, caché dans son bosquet d’arbres. L’endroit est paisible, oasis invisible au milieu des champs. Vous vous asseyez sur la rive, et vous pensez avec émotion que c’est grâce à Visitons! que vous avez découvert ce lieu magique. Non, ne nous remerciez pas, nous sommes là pour ça.

Sans titre

Tout près, on aperçoit le village de Tranchepied (VD). Le paysage est magnifique, même si le hameau en soi a un peu perdu de son charme d’antan, défiguré par quelques constructions malheureuses.

Et le nom demeure, et fait toujours sourire.

Tranchepied

Tranchepied

A ce sujet, nos recherches pour expliquer l’étrange appellation n’ont rien donné. Tout au plus a-t-on pu lire que le hameau aurait été mal-famé autrefois. De coupe-gorge à tranche-pied, le raccourci nous semble étrange. Nous comptons donc sur vous pour nous éclairer : si vous avez des informations sur le pourquoi du nom « Tranchepied » n’hésitez pas à les partager avec nous !

Le vide humide d’un dimanche de pluie

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! Enfilez vos bottes et votre ciré jaune, le monde vous attend ! Bon. Certes. Vous risquez pas d’en croiser beaucoup du monde, par un temps pareil. Mais, entre nous, entre déprimer chez vous et sauter dans les flaques, en chantant sous la pluie avec un petit air américain, hésitez-vous longuement ? Non ! Et puis, quand l’humidité monte et que le baromètre descend, selon toutes les sources, il vous faut descendre dans la rue.

Claquez la porte, battez le pavé, flip-flop, chantent vos bottes, il fait humide, glacial et hostile, mais, flip-flop que vous êtes beaux, flip-flepelle que vous êtes belles ! Quoi de mieux par temps pluvieux, que d’aller voir le lac ? Certaines vivent un peu sous le ciel gris-bleu, d’amour et d’eau de pluie, moi, je vous propose de vivre carrément face au lac gris-argenté, de pistaches et de truite. L’amour, c’est sur-évalué, alors que les pistaches, tout le temps oubliées. Y a-t-il de plus grand bonheur que de trouver au fond de son sac une pistache pour ses quatre heures ? Non !

Descendez au bord du lac si vous en avez un sous la main. Direction : la Jetée, ma table à pique-nique préférée.

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Au tout début de la rue de Rive, à Nyon.

Seul-e sur le plage, les yeux dans l’eau, le lac vous aspire. Bientôt, les pieds dans l’eau, une pistache sous la dent, vous atteignez cette plénitude que seules les algues arrivent à atteindre. Algue parmi les algues, les cheveux emmêlés à jamais, les chaussettes mouillées et la goutte au nez, vous resplendissez.

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Si, en lisant ce texte, vous vous êtes perdu-e-s sur Youtube, oui, je plaide coupable, c’est de ma faute. Parce qu’en vrai, un dimanche, c’est fait pour être perdu à regarder des vidéos bêtes sur l’Internet, non ?

Sous les fleurs de mars, un banc entre église et château

On a forcément envie de s’y asseoir : l’endroit est calme et on a une vue imprenable sur le château de Prangins et son incroyable potager.

IMG_1599Allez-vous promener dans le coin à la fin de l’hiver, entre fin février et début mars, et vous pourrez y admirer un arbre en fleurs* ! Ceci dit le lieu est charmant en toute saison. Et si vous n’y êtes jamais entrés, profitez-en pour visiter le château !

https://www.nationalmuseum.ch/f/prangins/

* Chimonanthus praecox, pour les connaisseurs.

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