La terrasse de Charles Victor

La Grand-Rue de Nyon n’est pas la rue la plus animée de la ville. Des Nyonnais pressés la traversent, s’y arrêtent peut-être davantage le samedi, quand des étals de légumes viennent l’animer. En réalité, la rue est dangereuse. Faites l’expérience : vous marchez tranquillement sur le trottoir, depuis Perdtemps en direction de la tour de l’horloge, et à la hauteur de la terrasse de Bonstetten, vous tournez la tête à gauche. Le lac vous appelle. Vous êtes perdus.

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Par tous les temps, de toutes les saisons, le lac joue à la sirène ensorcelante et la terrasse de Bonstetten sert de bateau, de plongeoir vers l’étendue bleue.

Le dernier bailli de Nyon, Charles Victor de Bonstetten, écrit dans ses mémoires :

L’antique château de Nyon, avec ses vieilles tours qui de tous les côtés regardent la plus brillante nature, semblait le douzième siècle venu pour contempler le dix-huitième

Sa maison était plutôt bien située. Et puis, la vue est franchement pas moche. Avec sa réputation de « meilleurs des baillis », Charles Victor de Bonstetten fut le dernier à tenir ce rôle, la Révolution venant tout chambouler. L’homme des Lumières, le défenseur de la liberté de la presse, luttant contre la politique du secret, reste encore un peu à Nyon, en donnant son nom à l’une des plus belles terrasses de la ville.

Les reines du Léman

Scintillante et ruisselante, la féra est noble. Le Léman en a fait un de ses poissons rois, et pourtant… Pourtant, le poisson a failli disparaître des eaux du lac, en un sens, n’existe même plus !

Dans les années 1920, le lac était (presque) vide de féra, alors que ce poisson était propre au Léman ! Une espèce de la même famille que la féra, a été massivement réintroduite sous la forme d’alevins de Gravenches notamment. La féra pêchée aujourd’hui n’est donc pas celle que les pêcheurs du 19e siècle pêchaient. Féra, pas féra, féra autrement, les pauvres poissons ont de quoi souffrir d’un petit trouble de la personnalité !

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A la meunière, fumée ou au gill, elle ravira quand même vos papilles ! Nyon a la chance d’avoir son village des pêcheur, où vous pourrez acheter ou commander des produits du lac, garantis ultra frais !

Mais si, comme moi, votre fera préférée est celle qui ondule dans le lac (et non dans votre assiette), vous pourrez tout même admirer les filets et cabanes de pêches, avec un petit sentiment de touriste en vadrouille.

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Le vide humide d’un dimanche de pluie

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! Enfilez vos bottes et votre ciré jaune, le monde vous attend ! Bon. Certes. Vous risquez pas d’en croiser beaucoup du monde, par un temps pareil. Mais, entre nous, entre déprimer chez vous et sauter dans les flaques, en chantant sous la pluie avec un petit air américain, hésitez-vous longuement ? Non ! Et puis, quand l’humidité monte et que le baromètre descend, selon toutes les sources, il vous faut descendre dans la rue.

Claquez la porte, battez le pavé, flip-flop, chantent vos bottes, il fait humide, glacial et hostile, mais, flip-flop que vous êtes beaux, flip-flepelle que vous êtes belles ! Quoi de mieux par temps pluvieux, que d’aller voir le lac ? Certaines vivent un peu sous le ciel gris-bleu, d’amour et d’eau de pluie, moi, je vous propose de vivre carrément face au lac gris-argenté, de pistaches et de truite. L’amour, c’est sur-évalué, alors que les pistaches, tout le temps oubliées. Y a-t-il de plus grand bonheur que de trouver au fond de son sac une pistache pour ses quatre heures ? Non !

Descendez au bord du lac si vous en avez un sous la main. Direction : la Jetée, ma table à pique-nique préférée.

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Au tout début de la rue de Rive, à Nyon.

Seul-e sur le plage, les yeux dans l’eau, le lac vous aspire. Bientôt, les pieds dans l’eau, une pistache sous la dent, vous atteignez cette plénitude que seules les algues arrivent à atteindre. Algue parmi les algues, les cheveux emmêlés à jamais, les chaussettes mouillées et la goutte au nez, vous resplendissez.

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Si, en lisant ce texte, vous vous êtes perdu-e-s sur Youtube, oui, je plaide coupable, c’est de ma faute. Parce qu’en vrai, un dimanche, c’est fait pour être perdu à regarder des vidéos bêtes sur l’Internet, non ?

Léon, le pigeon de la place Perdtemps à Nyon

Salut, moi c’est Léon, Léon  le pigeon. Ce n’est pas souvent qu’on me donne la parole, alors quand j’ai vu une envoyée spéciale de Visitons! passer pas loin de chez moi, sur la place Perdtemps, je me suis dit : c’est l’occasion mon Léon ! J’ai fait tellement de bruit qu’elle a fini par lever la tête et qu’elle m’a aperçu. On s’est posés sur un banc (enfin, elle, elle s’est assise) et j’ai pu lui raconter mon histoire.

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Il faut bien reconnaître qu’en Suisse, vous n’aimez pas trop les pigeons, n’est-ce pas ? Il paraît que nous sommes sales, que nous transmettons des maladies… Mais ce que vous détestez le plus, ce sont nos fientes. Parce que ça abîme les jolies façades de vos villes si propres.

Oh, allez, je peux vous comprendre ! Moi non plus, je ne trouve pas ça très chic, les fientes de pigeon. Mais bon, à force, la vie commence à être compliquée pour nous. Partout où nous pourrions faire un nid, il y a ces piques en métal qui nous empêchent de nous poser. Ailleurs, on nous chasse, on va même jusqu’à nous tirer dessus.

Avec ma compagne, on commençait à désespérer de trouver un logement convenable. Et puis, on a vu cette annonce sur « Pigeon-Express » :  la ville de Nyon allait installer des pigeonniers !  C’était en février 2015. Une vraie révolution ! Nous, on a choisi le pigeonnier de la place Perdtemps, parce qu’il y a un parc avec des enfants à côté et qu’on aime bien les voir jouer. Mon cousin Alphonse, il vit de l’autre côté de la vieille ville, au temple.

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Au départ, je n’étais pas très convaincu par l’architecture du pigeonnier. Je préfère le charme de l’ancien. Mais bon, le logement est confortable, on le partage avec une cinquantaine d’autres familles, et l’ambiance est vraiment sympa. Et nous, les pigeons, une fois que nous nous sommes installés quelque part, nous ne déménageons plus. Donc, plus de risque pour vos façades !

Pour en savoir plus sur les pigeonniers de Nyon : http://www.nyon.ch/fr/actualite/la-ville-installe-deux-pigeonniers-681-97511

Boiron : regarder l’eau couler, doucement

 

Dans ce coin de forêt, l’eau coule tout doucement, calme et sereine. En hiver, vous croiserez des joggueurs et des familles en vadrouille. Et été, ce seront les mêmes, pantalons retroussés, avec, peut-être, un filet de pêche dans les mains.

Le sentier du Boiron longe la rivière, du même nom. Allez vous promener, admirez les immenses arbres et tendez l’oreille. Il n’en faut pas plus pour oublier la ville.

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Observez bien ses rivages et vous verrez d’étranges constructions.  Serait-ce les fondations d’un moulin ? Nous n’avons pas encore trouvé de documents qui l’atteste, mais cela y ressemble. En tout cas, aujourd’hui, elle n’en caresse plus que les belles fondations du bâtiment.DSC_0017nyon_boiron_moulin2

Les hommes comme les bêtes s’y plaisent. La Ville de Nyon partage sur son site le recensement des oiseaux qui chantent et voltigent autour du sentier. Jetez-y un coup d’oeil et vous pourrez briller auprès de vos proches lors de votre prochaine balade.

 

Sous les fleurs de mars, un banc entre église et château

On a forcément envie de s’y asseoir : l’endroit est calme et on a une vue imprenable sur le château de Prangins et son incroyable potager.

IMG_1599Allez-vous promener dans le coin à la fin de l’hiver, entre fin février et début mars, et vous pourrez y admirer un arbre en fleurs* ! Ceci dit le lieu est charmant en toute saison. Et si vous n’y êtes jamais entrés, profitez-en pour visiter le château !

https://www.nationalmuseum.ch/f/prangins/

* Chimonanthus praecox, pour les connaisseurs.

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