La tourte aux carottes

En Argovie, pays des carottes…

Au fond de la vallée de la Suhre, une odeur emplit la cuisine d’une petite masure au lourd toit de chaume. Le savoureux parfum des amandes s’associe à une senteur plus douce… une senteur de… une senteur de quoi ? s’inquiètent rapidement les habitants. De carottes pardi ! leur répond la cuisinière, fière d’avoir su utiliser un des seuls légumes d’hiver de la région pour concocter un gâteau de fête.

Une bien jolie histoire pour expliquer l’origine de la tourte aux carottes d’Argovie. Cependant, l’origine de la célèbre recette reste mystérieuse. Une invention d’une Argovienne anonyme ? Celle d’un pâtissier voulant attirer une nouvelle clientèle ? D’une aubergiste astucieuse ? Dans le canton de la carotte, la tourte fait en tout cas partie des recettes incontournables et pour une bonne raison : celle du goût !


La recette

Temps : 15 minutes de préparation + 55 minutes de cuisson

Ingrédients

  • 5 oeufs
  • 150 g sucre
  • 1 pincée de sel
  • zeste de 2 citrons
  • 300 g de carottes râpées
  • 1/2 cc cannelle
  • 1 pointe de couteau de girofle moulu
  • 300 g amandes non mondées moulues
  • 75 g de maïzena
  • 1/2 cc poudre à lever
  • 1/2 dl de kirsch
  • 30 g de confiture d’abricots
  • 1 cs sucre en poudre carottes en massepain

carotte exterieur


Préparation

  1. Séparer les blancs des jaunes. Battre les jaunes en mousse avec le sucre et le zeste de citron.
  2. Ajouter les carottes, les amandes, la maïzena, la poudre à lever, la cannelle, le girofle et le kirsch.
  3. Monter les blancs en neige et les incorporer doucement à l’aide d’une spatule. Beurrer un moule de 22 ou 24 cm de diamètre et y verser la masse.
  4. Cuire 40 minutes au four à 180 °C
  5. Après avoir passé la confiture au tamis, recouvrir la tourte refroidie. Mélanger le sucre en poudre avec une partie du jus de citron pour faire un glaçage et l’étendre sur la tourte. Garnir de carottes en massepain.
  6. Manger. (Déguster, savourer même!)

Boiron : regarder l’eau couler, doucement

 

Dans ce coin de forêt, l’eau coule tout doucement, calme et sereine. En hiver, vous croiserez des joggueurs et des familles en vadrouille. Et été, ce seront les mêmes, pantalons retroussés, avec, peut-être, un filet de pêche dans les mains.

Le sentier du Boiron longe la rivière, du même nom. Allez vous promener, admirez les immenses arbres et tendez l’oreille. Il n’en faut pas plus pour oublier la ville.

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Observez bien ses rivages et vous verrez d’étranges constructions.  Serait-ce les fondations d’un moulin ? Nous n’avons pas encore trouvé de documents qui l’atteste, mais cela y ressemble. En tout cas, aujourd’hui, elle n’en caresse plus que les belles fondations du bâtiment.DSC_0017nyon_boiron_moulin2

Les hommes comme les bêtes s’y plaisent. La Ville de Nyon partage sur son site le recensement des oiseaux qui chantent et voltigent autour du sentier. Jetez-y un coup d’oeil et vous pourrez briller auprès de vos proches lors de votre prochaine balade.

 

Si tu vois le Moléson à travers ton beignet, c’est qu’il est bon

Il pleuvine sur Moudon. Des sons de manèges se dégagent du bourg, mais le seul rythme qui compte est celui des beignets.

La semaine passée, c’étaient les brandons, et votre dévouée s’est courbaturé les bras et les épaules pour vous. Dans ma famille, la saison des brandons et du carnaval ne rime pas avec les fines et croustillantes merveilles poudrées de sucre glace, mais avec les beignets au genou.

Oui. Des beignets au genou. Non, ils n’ont pas le goût de genou (ou peut-être que si ! Avez-vous déjà goûté votre genou?). Et non, ils ne sont pas non plus sucrés. Ce type de beignets semble venir de la vallée de la Broye.

«Dans le temps, on était quatre familles à faire les beignets. Maintenant, il n’y a plus que nous», m’a dit la cousine de ma grand-mère. Ils en faisaient alors des quantités à donner le tournis, occupant toutes les places de la maison pour faire lever les boulettes – sous des linges sur la table de la cuisine, mais aussi sous les draps des lits! Les 1000 et 1 beignets étaient ensuite dégustés à la table dominicale et distribués aux amis.IMG_1636

Rassurez-vous, la folie des beignets n’a pas disparu. Dimanche, mes oncles, ma grand-mère et moi-même en avons fait 200. Petits bras que nous sommes ! Le record, réalisé il y a 4 ans, était quand même de 948 beignets.

Alors, comment ça se fait un beignet ? Première étape, se lever tôt. Ensuite, préparer la pâte en mélangeant levure, lait, crème, oeufs et sel. Ajouter ensuite la farine et pétrir. Pétrir. Puis pétrir. Et ensuite taper la pâte.

Quand elle bulle, la laisser reposer et ouvrir le blanc (ok, cette étape ne fait rien aux beignets). Ensuite, on façonne des petites boules, on les laisse lever sous des draps. Mais attention, si on laisse trop reposer la pâte, elle croûte et ça, c’est vraiment pas souhaitable.IMG_4751

Enfin, il est temps de les façonner sur le genou. Et de les frire bien sûr. Le gras c’est la vie !IMG_4755

Et les beignets illumineront votre souper, en accompagnant votre soupe. Faire des beignets, c’est n’est pas juste faire des beignets. C’est vivre le beignet.

Vous aussi, vous faîtes des beignets dans des caves et perdez la vue à cause des vapeurs de graisse ? N’hésitez pas à commenter ! Nous créerons peut-être une grande communauté rassemblée autour de l’amour du gras.

 

 

Sous les fleurs de mars, un banc entre église et château

On a forcément envie de s’y asseoir : l’endroit est calme et on a une vue imprenable sur le château de Prangins et son incroyable potager.

IMG_1599Allez-vous promener dans le coin à la fin de l’hiver, entre fin février et début mars, et vous pourrez y admirer un arbre en fleurs* ! Ceci dit le lieu est charmant en toute saison. Et si vous n’y êtes jamais entrés, profitez-en pour visiter le château !

https://www.nationalmuseum.ch/f/prangins/

* Chimonanthus praecox, pour les connaisseurs.

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